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Un conducteur risque la prison pour un doigt d'honneur à un radar

Date Yohan Dehan, Article modifié le

Le 22 mai 2015, cet automobiliste se faisait flashait par un radar automatique. Sur le cliché, on distingue l’individu en train d’adresser un doigt d’honneur. Le destinataire de la photo n’a pas apprécié le geste : aujourd’hui, le conducteur s’expose à 2 à 4 mois de prison ferme. Motif retenu ? Outrage à une personne chargée d’une mission de service public.

 

Un majeur levé et une plaque d’immatriculation dissimulée

Les faits – car l’automobiliste n’a pas adressé un doigt d’honneur à un radar mais bien à deux – ont eu lieu à Saint-Forgeux-Lespinasse et Bessay-sur-Allier, deux communes situées respectivement dans les départements de la Loire et de l’Allier, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Si le conducteur n’a pas pu être retrouvé immédiatement, c’est en raison de sa plaque d’immatriculation, qu’il avait masquée avec de l’adhésif. Une circonstance aggravante qui n’a pas facilité la tâche de son avocat. Lors de l’audience, ce dernier a requis la relaxe, arguant d’après le journal Le Progrès que le « délit d’outrage à une machine n’exist[ait] pas dans le droit français ».

 

Malgré tout, le parquet a considéré que l’homme avait outragé par extension les fonctionnaires chargés de visualiser les images, au centre d’identification de Rennes. C’est à ce motif qu’il est poursuivi et qu’il risque de la prison ferme. Pour le conducteur, il s’agit d’un malentendu : lesdits doigts d’honneur ont bien été accomplis, mais étaient à destination… de sa compagne. Sa peine sera connue le 3 avril 2018.




Date Yohan Dehan, Article modifié le